Dimanche prochain, le Restaurant Kamo accueillera le Pure Sake Festival Brussels, un événement imaginé par Tomoé, de Cavecoop, et Vivien, de Titulus. Une première édition pensée comme une porte d'entrée vivante, curieuse et conviviale vers l'univers du saké japonais. Horeca Talk sera sur place pour capter l'ambiance et réaliser un aftermovie de l'événement.

À Bruxelles, les cultures gastronomiques se croisent sans trop demander la permission. On y mange japonais, italien, coréen, belge, levantin ou péruvien parfois dans la même semaine, souvent avec le même enthousiasme. C'est précisément dans cette ville ouverte, internationale et gourmande que Tomoé et Vivien ont choisi de faire naître le Pure Sake Festival Brussels.

L'une vient de Cavecoop, l'autre de Titulus. Tous deux partagent une même intuition : le saké mérite d'être découvert autrement. Non pas comme une curiosité lointaine ou intimidante, mais comme une boisson de table, de partage, d'accords, de nuances et de plaisir.

Affiche officielle du Pure Sake Festival Brussels, dimanche 31 mai au Restaurant Kamo

Au fil de notre échange avec Tomoé, une idée revient souvent : Bruxelles est une ville idéale pour accueillir ce type d'événement. Parce qu'elle aime goûter avant de juger. Parce qu'elle a une vraie culture de la fermentation, du produit vivant, du terroir et de l'accord mets-boissons. Parce que sa scène gastronomique sait accueillir les influences sans les caricaturer.

Le saké, ici, n'arrive donc pas comme un effet de mode. Il arrive comme une évidence à explorer.

Une initiative portée par deux passeurs de goût

Vivien, à travers Titulus, incarne cette approche bruxelloise du goût : ouverte, curieuse, accessible, ancrée dans la dégustation et le conseil. Ensemble, ils ont imaginé un festival qui ne cherche pas à impressionner, mais à donner envie. Pas de grand cérémonial figé, pas de jargon inutile : ici, on vient goûter, poser des questions, discuter, comparer, acheter une bouteille, revenir sur un verre, se tromper peut-être, recommencer sûrement.

Le Pure Sake Festival Brussels est avant tout l'histoire de deux passionnés qui ont voulu créer un espace de rencontre. Tomoé, dont le japonais est la langue maternelle, apporte un regard intime, culturel et sensible sur le saké. Elle en parle comme d'un produit capable de transmettre des paysages, des régions, des méthodes de production et une certaine idée de la table japonaise.

C'est sans doute ce qui rend l'événement particulièrement intéressant pour le secteur Horeca. Le saké n'est plus seulement un produit de niche réservé à quelques restaurants japonais ou à des sommeliers très spécialisés. Il devient un véritable terrain de jeu pour les chefs, les restaurateurs, les cavistes et les amateurs de belles découvertes.

Le saké, ce grand mal compris

L'un des objectifs de Tomoé et Vivien est aussi de corriger quelques malentendus. Le premier, et non des moindres : le saké n'est pas un alcool distillé. Il s'agit d'une boisson fermentée, au même titre que le vin, la bière ou le cidre.

Le raisin donne le vin, puis la grappa ou le brandy lorsqu'il est distillé. L'orge donne la bière, puis le whisky. La pomme donne le cidre, puis le calvados. Le riz, lui, donne le saké par fermentation, puis le shochu lorsqu'il est distillé.

Autre cliché : le saké serait forcément très fort. En réalité, il titre généralement entre 12 et 16 %, ce qui le rapproche davantage du vin que des spiritueux. Il peut se boire frais, tempéré ou chaud, selon les styles et les accords. Une bouteille ouverte peut même continuer à évoluer pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines, en développant de nouvelles nuances aromatiques.

Voilà qui bouscule gentiment l'image du petit verre brûlant servi en fin de repas dans certains restaurants asiatiques. Le saké n'est pas un digestif obligatoire ni un folklore liquide. C'est une boisson gastronomique, subtile, polyvalente, parfois délicate, parfois ample, parfois florale, lactée, minérale ou profondément umami.

Service du saké dans une coupe traditionnelle

50 sakés à découvrir, sans snobisme

Pour cette édition, environ 50 sakés japonais seront proposés à la dégustation, en présence de quatre importateurs passionnés. La sélection a été pensée pour permettre à chacun de découvrir ses propres goûts, plutôt que de se laisser guider uniquement par des noms prestigieux ou des références intimidantes.

Tomoé insiste sur cette approche : le festival veut offrir une expérience lisible, sensorielle et personnelle. L'idée n'est pas de cocher des cases, mais de comprendre ce qui nous plaît. Un saké plus vif ? Plus rond ? Plus aromatique ? Plus discret ? Plus gastronomique ? Plus surprenant ? Il y aura de quoi explorer.

La sélection mettra également en avant de jeunes producteurs japonais, représentatifs d'un saké contemporain en pleine évolution. Comme dans l'univers du vin naturel, une attention particulière sera aussi portée aux étiquettes, au graphisme et à l'identité visuelle des bouteilles. Parce qu'avant même de goûter, une bouteille raconte déjà quelque chose.

Et puis, soyons honnêtes : une belle étiquette n'a jamais nui à une bonne dégustation. À condition, bien sûr, que le contenu suive. Dimanche, il suivra.

Bruxelles, ville idéale pour le saké

L'intérêt pour le saké grandit en Europe, notamment chez les sommeliers et les chefs. Sa grande force réside dans sa capacité à accompagner des cuisines très différentes. Il peut dialoguer avec des légumes de saison, des poissons, des viandes, des plats fermentés, des fromages, des préparations végétales ou même du chocolat belge.

Cette souplesse le rend particulièrement pertinent dans une ville comme Bruxelles, où les tables aiment mélanger les influences et sortir des associations attendues. Le saké, parce qu'il est issu du riz et porté par la fermentation, possède une affinité naturelle avec de nombreuses cultures gastronomiques. Il ne demande pas à remplacer le vin ou la bière. Il propose autre chose.

C'est d'ailleurs l'une des ambitions du Pure Sake Festival : montrer que le saké peut être simple, libre, convivial et profondément actuel. On peut l'aborder avec sérieux, bien sûr, mais sans raideur. Le comprendre, oui. Le sacraliser, pas forcément.

Une scène bruxelloise réunie autour du saké

Autour de Tomoé et Vivien, plusieurs acteurs viendront enrichir l'événement, parmi lesquels Cavecoop, Titulus, Kanpai, Osake et d'autres passionnés du saké japonais. Chacun apportera son approche, ses bouteilles, ses conseils et son envie de transmettre.

La cheffe Lyla Bangels, créatrice culinaire et sommelière en saké (Cave à manger Titulus), sera également présente sur le stand d'Osake. Connue pour sa cuisine vivante, durable et anti-gaspillage, elle incarne elle aussi cette génération de professionnels qui font dialoguer cuisine, boissons et engagements contemporains. Vous vous souvenez de notre article sur l'association SHIFT (@shift.brussels) ? Elle en est la cofondatrice et coprésidente.

Mais le cœur de cette journée restera bien la rencontre entre les visiteurs, les importateurs, les organisateurs et les bouteilles. Un festival à taille humaine, pensé pour favoriser l'échange direct plutôt que la dégustation silencieuse et intimidée.

Un rendez-vous pour goûter, apprendre et repartir curieux

Le Pure Sake Festival Brussels s'adresse autant aux professionnels de l'Horeca qu'aux amateurs curieux. Chefs, sommeliers, restaurateurs, cavistes, serveurs, passionnés de Japon ou simples gourmands pourront y trouver de quoi nourrir leur curiosité.

On viendra pour goûter. On restera probablement pour discuter. On repartira peut-être avec une bouteille, une idée d'accord, une préférence inattendue ou une envie de faire entrer le saké à table plus souvent.

C'est aussi ce que Horeca Talk ira chercher sur place dimanche : les gestes, les échanges, les découvertes, les sourires après une première gorgée, les conseils donnés au bord d'un stand. Un aftermovie pour raconter l'atmosphère de cette première édition et montrer comment Bruxelles continue, verre après verre, à élargir son horizon gastronomique.

Avec Tomoé et Vivien aux commandes, le saké japonais quitte les idées reçues pour rejoindre ce qu'il aurait toujours dû être ici : une boisson de curiosité, de plaisir et de partage.

Informations pratiques

Pure Sake Festival Brussels
Dimanche 31 mai 2026
De 12h00 à 18h30
Restaurant Kamo, Chaussée de Waterloo 550A, 1050 Bruxelles
Entrée : 15 €. Paiement sur place, sans réservation.
Instagram : @puresakefestival.brussels